Françoise
d’Eaubonne
À l’origine de l’écoféminisme
Françoise d’Eaubonne n'était pas seulement une femme de lettres prolifique avec plus de cent ouvrages à son actif ; elle était une révolutionnaire du désir et une militante infatigable. Résistante, féministe de la première heure et figure de la gauche radicale, elle occupe une place unique dans l'histoire des idées pour avoir été la première à théoriser l’écoféminisme en France dès 1974.
Son parcours est celui d'une intellectuelle qui a su voir, avant tout le monde, que le saccage de la planète et l'oppression des femmes prenaient racine dans la même structure de pouvoir.
“ Le système actuel s'est construit et se maintient sur la domination des femmes, de la nature, des “étrangers” et de leurs terres. ”
— Françoise d’Eaubonne
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Territoire
France | Paris
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Dates de vie
1920-2005
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Type d'écoféminisme
Matérialiste ⸱ Militant ⸱ Philosophique
Son combat
Une résistance sur tous les fronts
Le parcours de Françoise d’Eaubonne est indissociable des secousses du XXe siècle. Marquée par la lecture du Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir en 1949, elle s'engage corps et âme dans le Mouvement de libération des femmes (MLF) et cofonde le Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR).
Dans les années 1970, elle bascule vers l'écologie radicale sous l'influence du rapport Meadows sur les limites de la croissance et de la candidature écologiste de René Dumont.
Pour elle, la lutte n'est plus seulement sociale, elle devient vitale. Elle réalise que le système "phallocrate" épuise les ressources de la Terre comme il contrôle le corps et la fécondité des femmes.
Son engagement ne s'arrête pas aux mots : en 1975, elle participe au sabotage de la centrale nucléaire de Fessenheim, un acte de "contre-violence" face à ce qu'elle considérait comme un suicide collectif de l'humanité.
Son impact
L’écoféminisme, une idée mondiale
Longtemps restée dans l'ombre en France, la pensée d'Eaubonne a d'abord trouvé un écho puissant à l'étranger, notamment aux États-Unis, au Canada et en Australie, où elle est célébrée comme une précurseuse.
Aujourd'hui, alors que l'urgence climatique et les luttes féministes convergent à nouveau, son héritage est redécouvert par une jeune génération de militants. Elle nous a appris que l'écoféminisme n'est pas un retour nostalgique à la nature, mais un projet politique concret visant à faire muter la société vers un modèle égalitaire, pacifique et respectueux du vivant.
Actions marquantes
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1949
Le choc du « Deuxième Sexe »
C’est l’année de la lecture du chef-d'œuvre de Simone de Beauvoir, qui agit comme une véritable libération intellectuelle pour elle. Elle devient alors une alliée fidèle de l'autrice et publie peu après son propre premier essai féministe, Le Complexe de Diane (1951), pour répondre aux détracteurs de Beauvoir.
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1974
Le Féminisme ou la Mort
Dans cet essai visionnaire, elle forge le mot « écoféminisme » et lie pour la première fois la destruction de l'environnement au système patriarcal.
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1975
L’action de Fessenheim
Marquant son passage à l'action directe et à la « contre-violence », elle participe ce jour-là au sabotage à l'explosif d'une pompe de la centrale nucléaire de Fessenheim, alors en construction. Cet acte fort illustre sa conviction que la lutte contre le péril nucléaire est indissociable de la résistance des femmes face au système patriarcal.
Pour aller plus loin
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Françoise d'Eaubonne, pionnière de l’écoféminisme et adepte du sabotage
Un éclairage sur son engagement radical, du sabotage de la centrale de Fessenheim à la théorisation de la « contre-violence ».
Article | Reporterre
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Françoise d’Eaubonne dans l’émission Apostrophes
Une archive audiovisuelle pour découvrir la vivacité de sa parole et ses thèses sur l’histoire de la lutte des sexes.
Vidéo | INA
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L’écoféminisme de Françoise d’Eaubonne
Une analyse de fond sur l'héritage de sa pensée et les raisons de son long effacement du paysage intellectuel français.
Essai | La Vie des idées