Pelenise
Alofa
La Voix des Atolls
Pelenise Alofa (également connue sous le nom de Maike Pilitati) est une figure incontournable de la justice climatique dans le Pacifique. Son parcours est marqué par l'histoire de ses parents, forcés de quitter Banaba pour Fidji après que l'exploitation minière britannique intensive du phosphate a rendu leur terre inhabitable.
Aujourd'hui installée à Tarawa, la capitale des Kiribati, elle consacre sa vie à éviter que son peuple ne subisse un second déracinement, cette fois causé par la montée des eaux. Chercheuse et activiste, elle incarne un lien vital entre la préservation de l'environnement et la survie culturelle des peuples insulaires.
“ Quand je dis mort, notre peuple ne mourra pas, mais notre culture et notre mode de vie mourront, et cela m'effraie. ”
— Pelenise Alofa
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Territoire
Kiribati | Banaba
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Dates de vie
Active depuis les années 2000
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Type d'écoféminisme
Décolonial ⸱ Matérialiste ⸱ Militant
Son combat
Pour une culture "hors de l'eau"
L'engagement de Pelenise prend racine dans un traumatisme familial : ses parents ont été déplacés de l'île de Banaba vers les Fidji après que l'extraction coloniale intensive de phosphate a rendu leur terre natale inhabitable.
Aujourd'hui installée à Tarawa, elle fait face à une menace similaire : la montée des eaux qui ronge des atolls s'élevant à peine à trois mètres de hauteur. Sur ces terres étroites, elle témoigne de la pollution des nappes phréatiques et de la salinisation des cultures qui précarisent les familles.
Pour elle, le changement climatique n'est pas une menace lointaine, mais une réalité quotidienne qui pèse lourdement sur les femmes et les filles, responsables de l'eau et de la sécurité alimentaire. Elle refuse que son peuple soit réduit au statut de "réfugié climatique", luttant pour le droit de rester vivre sur la terre de ses ancêtres.
Son impact
Une force collective venue du rivage
À travers la fondation du Kiribati Climate Action Network (KiriCAN), Pelenise Alofa a structuré la première grande coalition d'organisations locales pour le climat aux Kiribati. Elle a transformé la danse et le chant traditionnels en outils de plaidoyer politique, utilisant la culture pour sensibiliser les jeunes et interpeller les décideurs internationaux.
Son héritage réside dans sa capacité à lier les enjeux de genre à la crise écologique. En co-dirigeant des recherches sur les jeunes filles du Pacifique, elle a mis en lumière les barrières spécifiques (éducation, santé, sécurité) que les catastrophes climatiques dressent devant elles.
En plaçant les savoirs locaux au centre des stratégies d'adaptation, elle a redonné aux communautés de base le pouvoir d'agir sur leur propre destin, au lieu d'attendre des solutions venues d'ailleurs.
Actions marquantes
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2011
L'union fait la force
Création de KiriCAN, une coalition qui regroupe aujourd'hui une vingtaine d'organisations pour une action climatique concertée aux Kiribati.
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2021
Reconnaissance internationale
Elle reçoit le prix Commonwealth Point of Light pour son service exceptionnel en faveur de la protection du climat.
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2024
Pacific Girls in a Changing Climate
Elle co-signe ce rapport pionnier, qui offre des recommandations politiques concrètes aux gouvernements pour protéger l'avenir et l'éducation des jeunes filles insulaires.
Pour aller plus loin
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Climate change could kill my islands' culture
Un texte fondateur sur le lien entre environnement et identité aux Kiribati.
Témoignage | The Guardian
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Pacific Girls in a Changing Climate
Un rapport pionnier sur l'impact de la crise écologique sur les jeunes femmes océaniennes.
Rapport | Plan International
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Kiribati: where culture meets climate change
Reportage sur les initiatives de KiriCAN mêlant traditions et écologie.
Article | Gouvernement Australien